COMMENTAIRES

ROLDAN introduit de la "géométrie passionnée dans ses perspectives et met une passion géométrique dans ses nues. L’équilibre délicat entre la courbe et la droite, la connaissance du fait que son chaos, n’est pas seulement « sacré » mais perfectible comme le propre chaos, la lutte entre l’ange qui traverse les corps et le froid démon (aujourd’hui l’enfer c’est le Néant) et celui de la géométrie qui cloisonne, où à partir de laquelle tout se génère, c’est tout le secret pour comprendre son œuvre, pour pénétrer dans le domaine de sa bataille.


Roldán anime et brode les cheveux des femmes comme un astronome qui dessine une galaxie ou comme un artiste de la Renaissance illustrait un calice, Roldán c’est un Cellini qui est passé par le surréalisme.


Cellini est un Roldán qui est passé par les Vierges baroques et sensuelles de l’Andalousie. Roldán c’est le dernier et rare Rubens et le premier du surréalisme. Roldán est l’orfèvre des rêves et l’orifice de ce délicat métal qui se forge sur la solitude des corps.


Roldán, Modesto, c’est la sensualité de Baudelaire corrigée par la santé du Louvre. Pure contradiction, comme la rose de Rilke, tension interne du tableau, main de maître d’un fou qui chaque jour raisonne mieux, peint mieux, meurt mieux.


 

Fracisco UMBRAL

Madrid 1988

Le choc fut inmédiat  -comme pour Bellmer,  Wunderlich- lorsque nous le vîmes  pour la première fois en cette Galerie Veranneman. Nulle  déception  ne vint tarir par la suite, notre fascination  pour cet art hautain et libertaire, qui avoue l'inavoué en des terme tellement aristocratiques qu'ils font passer les messages les plus dérangeaqnts pour nous petite  habitudes de penser. Mais il y a plus: cet athée complet évolue et nage,  paradoxalement, bien plus que que n'importe quel spiritualiste, dans le monde sacral. Et son pinceau, et son crayon nous désignent les prolongements lumineux d'une relation sexuelle  que jamais nous, Occidentaux, n'avons vécue comme les petits Précolombiens iniciés aux sources de la Vie dès leur jeune âge  dans les scuptures de leurs temples ni dans les motifs de leurs céramiques.



Jacques COLLARD

Brusselas 1972

Si l’on me demandait comment je voyais la peinture de Modesto Roldán, je dirais qu’il la vivait comme un horizon. Un phénoménal horizon intérieur. La peinture de Roldán exprime quelque chose qui ressemble à l’anxiété par l’intimité et la distance, qui réveille en nous les rêves et nous fait fantasmer lors de l’attente, l’Espagne est présente dans cette peinture comme une émotion profonde qui serre doucement le cœur de l’exilé. Toute l’Espagne est dans ses traits qui retracent sa réalité originelle jusqu'à atteindre sa quintessence. Toute sa force. Toute son « espagnolité ». Roldán a peint l’Espagne de nombreuses fois depuis le nord de l’Europe. C’est à cause de cela. Une Espagne qui est beaucoup plus que l’Espagne, c’est la permanente.

Il ne fait pas honneur à son nom ! Comment pourrait-il être modeste ? Il vit à Navalagamella. Hier j’ai été le voir. Son atelier est sa maison, ou vice-versa, cela ressemble à un repère de fauves, à un laboratoire ou à un confessionat de moine. Il y a des tableaux et des livres partout, mais Roldán écrit et peint, et sa peinture c’est de la littérature et sa littérature de la peinture, il n’y a pas moyen de savoir où commence l’une et où termine l’autre. Terrible cohérence de cet homme féroce et bon, angélical, démoniaque, faustien et méphistophélique !


     Il est né à Huelva, a passé le Détroit et s’est enraciné à Paris, quand Paris était une fête espagnole dans laquelle les fugitifs du Régime dansaient. Il a dévoré les nuits de Montparnasse, s’est tiré toutes les “demi-mondaines” et a exposé ses tableaux dans les meilleures galeries européennes. Il a assisté à la célèbre orgie organisée en hommage à Dali. Et là bas trainait le voyeur de Cadaqués. Arrabal, Eduardo Arroyo et une légion entière de nymphes et de satyres. Moi j’ai loupé ça.


   Modesto affirme que l’homme est comme la branche d’un arbre assoiffé qui cherche l’humidité de l’océan entre les cuisses de la femelle. C’est son anthropologie, sa cosmogonie et sa théologie. C’est aussi le leitmotiv de toute sa peinture : les jambes des femmes, des vulves de femmes transformées en bijoux qui reflètent leur côté lubrique, en cascades de pépites d’or, en fétiches, arabesques et spirales inscrites dans la douceur de la peau. Roldán est athée, jacobin et bolchévique, mais son œuvre élève la liturgie du sexe, il le sanctifie et le transforme en un trésor de cathédrale, au pas de la procession de Séville et au culte de la vierge chrétienne qui, avant de l’être, fut une vestale païenne. Sur lui ont pu écrire Cela,  Dino Buzzatti, Xavier Domingo, Arrabal, Umbral, Villán et maintenant “Le Grand Méchant Loup ». Avec une embrassade fraternelle j’ai chuchoté à son oreille une phrase de Proust et j’ai pensé à ce que disait le sifflement du serpent ami de Mowgli : toi et moi nous avons le même sang.

Fdo: Fernando SANCHEZ DRAGÓ

Madrid 2009

De Mario Antolín Paz, en el Diccionario de Pintores Españoles del Siglo XX

       Pintor, Residente en Francia desde su juventud, En l956 expone e la Galerie Kreuze, de París,haciéndolo después en diferentes paises europeos. En l971 se presentó su obra en Madrid, en la Sala Bandrés, con la Exposición "Eros y el Arte Actual en España". En 1975 participa en la Bienal de Venecia, En l985 expone en la sala Heller y en l992 en la Galería Fauna's  y Galería Barrons en 1996 en Madrid. Ha realizado mas de veinte exposiciones en Francia y otras tantas en distintos paises.

    Pintor de inquietante personalidad creadora en la que se da cota el erotismo y  el misterio, el dramatismo y el humor, el vistuosismo y la agresividad, quizás pudiera incluirse en la amplia en la amplia denominación del realismo fantástico aunque participa por igual de lo surreal y de lo simbólico.

    Aguilera Cerni escribe sobre su pintura:  "Roldán se ha propuesto hacer un absurdo razonable. La clasicidad y el humanismo renacentista se alían con los equilibrios mondrianescos. Las superficies rugosas conviven con insinuaciones de fetichismo erótico pero la oposición entre la perspectiva y el plano, y  el esquema geométrico, entre la línea y la materia o el ascetismo y la sensualidad no pretende aparecer velada por el disimulo. Roldán aprovecha la incongruencia, precisamente, porque ve en ella la posibilidad de reinventar el fatigado oficio de pintar" Su obra es una de las mas personales de cuantas se realizan dentro de la figuración en la actualidad. Está representado en importantes colecciones europeas.


Bibliografía: Aguilera Cerni, Vicente "Panorama del Nuevo Arte Español. Ed Guadarrama. Madrid l966. Collard, Jacques "Splendeur Baroque de Roldan. París l988. 

Antonio ALVAREZ SOLIS

Madrid 1988

     Modesto Roldán a deviné l’univers de la solitude en mélangeant de façon approximative mais à parts et tiers égaux, la beauté et la sérénité qui s’inhale dans l’avant salle de la mort ; c’est pour cela qu’il est si proche de Léonard de Vinci et aime la peinture pour ne pas nuire à la sagesse.

Modesto Roldán, qui a vécu trente ans à Paris, n’a pas encore perdu, et on remercie qui de droit, la notion sacrée du paradis sur terre, cet espace dans lequel les âmes transparentes de toutes les chèvres du Parnasse se promènent, des âmes sans complication, sans charges.

L’homme conservateur pense que Dieu a pitié des hommes qui n’ont qu’un seul rêve, et le révolutionnaire proclame que l’eau détient son histoire. Modesto Roldán n’inspire pas de pitié parce qu’il rêve de milliers de formes et moulages orchestrés par le seul dénominateur commun qu’est la femme, cette subtile et fuyante incertitude.

    Modesto Roldán c’est la peinture nue qui existe seulement pour être tracée par ce pinceau exceptionnel que les dieux distribuent avec une avarice bien calculée. Ciceron disait que le plaisir est une stimulation, un éperon qui incite à la mesquinerie. Il est vrai que nous passons tous au travers de la vie en faisant des équilibres sur la corde de laquelle on peut tomber au chaudron de Pedro Botero. Seulement l’art peut sauver l’homme des feux de l’enfer.

Camilo José Cela

- Prix Nobel de Littérature 1989  -

Madrid 1996

Il pourrait être un moine médiéval qui illumine des béats, par exemple. Et sans aucun doute je mettrais à sa portée « El Cantar de los Cantares » pour qu’il puise en lui toute la beauté et tout le frémissement de l’extase et du sexe. De la pure imagination sont ses corps et ses natures mortes. Sur les chemins du désir vagabond et exténué, des anges accompagnateurs ont bercé le silence de ces corps, ces fesses, ces ventres enflés et féconds et ces seins de nacre et palpitants, profils décorés de dentelle en filigrane.


Je ne suis pas étonne de la dualité de cette exposition de Roldán parce-que je n’y vois pas de contradiction. Elle évoque Zurbarán, car Zurbarán c’est la mystique de l’objet. Et il continue de peindre ces incitations ou révélations, des corps nus car lui, Modesto Roldán, c’est la mystique humanisée de la chair. Pour cela, nus et natures mortes s’harmonisent et se jumellent dans un souffle commun : les deux sont en soi l’exaltation de la matière. 

Javier VILLÁN

Madrid 1992

Francisco Umbral  (Madrid 1932 - Madrid 2007)  était un poète, journaliste, romancier, biographe et essayiste espagnol. Il a reçu de nombreux prix littéraires en plus du Doctorat Honoris Causa de l’Université Complutense de Madrid.

Antonio Alvarez Solis ( 1929, Mieres, Espagne). Journaliste et Romancier. Il a travaillé dans la plupart des médias de prestige en Espagne.

Javier Villán Zapatero (Palencia, 1943, Espagne) est un écrivain et critique taurin et théâtral. Il a cultivé plusieurs genres littéraires. Quant à la poésie il a publié "Parábolas palentinas"; "Indicios y desmemorias"; "El fulgor del círculo"; "Sonetos de la impostura" et  "El corazón cruel de la ceniza (Antología poética, 1975-2006)".Il collabore habituellement en écrivant des colonnes d’opinion dans le journal espagnol EL MUNDO.

Écrivain et journaliste espagnol. (Madrid 1936, Espagne). Il a été professeur de langue, littérature et histoire espagnoles dans des universités de plusieurs pays : Japon, Sénégal, Maroc et Kenya. Il a cultivé le journalisme, la critique littéraire, l’essai et la narration de voyages.Il a reçu de nombreux prix pour ses œuvres ainsi que pour sa trajectoire professionnelle de journaliste.

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